
Solutions nature-based vs technologiques
Sols, biochar, DAC : forces et limites de chaque famille
Équipes climat qui structurent une stratégie d'achat sur 3 à 5 ans.
Nature-based : volumes accessibles, prix abordables, co-bénéfices. Technologiques : permanence forte, prix élevés, scalabilité limitée. Le portefeuille mixte est désormais la norme.
Au-delà du removal vs avoidance, une autre distinction structure le marché : les solutions fondées sur la nature et les solutions technologiques. Chaque famille a une économie et une logique propres.
Nature-based : sols, agroforesterie, forêts, mangroves. Volumes larges, co-bénéfices riches.
Technologiques : DAC, BECCS, biochar industriel. Permanence forte, prix élevés.
Le mix recommandé : majorité nature-based, minorité technologique pour la permanence.
Nature-based : forces et limites
Les solutions nature-based regroupent toutes les approches qui s'appuient sur des écosystèmes vivants. Côté agriculture : carbone des sols issu de l'agriculture régénératrice, agroforesterie, élevages avec gestion améliorée des pâturages. Côté forêt : plantations nouvelles (afforestation et reforestation), conservation et restauration forestière (REDD+, IFM), mangroves et tourbières. Leurs forces : volumes potentiels considérables (le potentiel de séquestration des sols mondiaux atteint plusieurs gigatonnes par an selon le GIEC), prix accessibles (typiquement 20 à 200 €/tCO₂e), co-bénéfices documentés (biodiversité, eau, soutien rural, résilience climatique). Leurs limites : permanence semi-permanente (10 à 100 ans pour les sols, plus long pour les forêts), exposition aux aléas climatiques (incendies, sécheresses, parasites), MRV plus complexe que pour le technologique.
Solutions technologiques : forces et limites
Les solutions technologiques s'appuient sur des installations industrielles dédiées. Le Direct Air Capture (DAC) capte le CO₂ de l'atmosphère via des filtres chimiques pour le stocker en sous-sol géologique : Climeworks, Carbon Engineering, Heirloom sont les acteurs principaux. Le BECCS (Bioenergy with Carbon Capture and Storage) brûle de la biomasse pour produire de l'énergie en captant le CO₂ émis. Le biochar industriel transforme la biomasse en charbon stable enfoui dans les sols. La carbonatation accélérée (du béton ou de roches basaltiques) fixe le CO₂ minéralement. Forces : permanence longue (1 000+ ans pour le géologique, 100+ ans pour le biochar), mesurabilité directe (on pèse ce qui entre et ce qui sort), pas d'exposition aux aléas climatiques. Limites : prix très élevés (300 à 1 000 €/tCO₂e pour le DAC), volumes limités (Climeworks Mammoth en Islande capte 36 000 t/an), dépendance forte à une énergie décarbonée.
La question de la permanence
La permanence est le critère qui structure la prime de prix entre nature-based et technologique. Pour les sols, on parle de stockage semi-permanent : la fraction stable de l'humus reste 100 ans ou plus, mais la fraction labile peut se reminéraliser en quelques années si les pratiques sont abandonnées. Les standards exigent un horizon de monitoring (typiquement 20 à 40 ans) et un buffer pool. Pour les forêts, la permanence dépend de la gestion et de l'exposition aux risques (incendie). Pour le biochar, la permanence est intrinsèque au matériau (carbone aromatique stable). Pour le DAC géologique, la permanence est mesurée en milliers d'années. Plus la permanence exigée est forte, plus le prix est élevé. Cette hiérarchie justifie la prime des solutions technologiques pour les acheteurs visant un alignement net-zero strict.
Co-bénéfices : un vrai différentiateur du nature-based
Les solutions nature-based offrent un éventail de co-bénéfices mesurables que les solutions technologiques ne reproduisent pas. Pour l'agriculture régénératrice : amélioration de la biodiversité du sol (vers de terre, mycorhizes, microbiote), meilleure rétention d'eau, réduction de l'érosion, restauration des paysages, soutien économique aux agriculteurs (revenu complémentaire de 30 à 120 €/ha/an en France). Pour les forêts : protection de la biodiversité, régulation du cycle de l'eau, ressources pour les communautés locales. Ces co-bénéfices sont valorisés par le standard Gold Standard via les Safeguarding Principles, et constituent un argument fort pour le narratif corporate. Pour un acheteur dont la communication s'adresse à des consommateurs ou à des collaborateurs sensibles à la biodiversité, le nature-based porte un poids émotionnel que le DAC ne peut pas reproduire.
Le mix recommandé en 2026
Le consensus émergent côté acheteurs corporate sérieux : un portefeuille mixte. Une majorité nature-based (typiquement 70 à 80 %) pour le volume, le coût et l'impact territorial. Une minorité de crédits technologiques (15 à 25 %) pour la permanence forte et l'alignement net-zero. Le solde éventuellement en avoidance haute intégrité (REDD+ certifié CCP, cookstoves Gold Standard). La proportion exacte dépend du budget, du secteur, et de la stratégie de communication. Pour un budget de 100 000 € : 80 % nature-based, 15 % biochar, 5 % avoidance. Pour un budget de 1 M€ : possibilité d'intégrer du DAC. Pour une stratégie net-zero ambitieuse (Microsoft, Stripe), la part DAC monte à 30-50 % à mesure que l'année cible approche.
Quand basculer vers les removals technologiques
Trois moments justifient une montée en gamme technologique. (1) Stratégie net-zero proche de l'échéance : à mesure qu'on approche 2050, la part removal doit augmenter, avec une exigence croissante de permanence longue. Le DAC et le BECCS deviennent alors structurellement nécessaires. (2) Secteurs hard-to-abate : les industries dont les émissions résiduelles seront difficilement réductibles à zéro (aviation, ciment, chimie lourde) doivent prévoir des removals durables pour atteindre le net-zero réel. (3) Volonté de signaler une ambition forte : les pionniers du marché (Microsoft, Frontier consortium) sourcent du DAC pour signaler à leurs investisseurs et clients qu'ils prennent le sujet au sérieux. Le timing du basculement dépend de votre trajectoire : 2030+ pour la plupart, plus tôt pour ceux qui veulent se positionner comme leaders.
Le périmètre actuel d'Arka
Arka se positionne aujourd'hui sur le nature-based, et plus précisément sur le carbone des sols issu de l'agriculture régénératrice, en partenariat avec Gaïago. C'est notre point de départ historique, ancré dans la France et l'Europe, avec un modèle économique vertueux pour les agriculteurs et un narratif territorial fort. Notre méthodologie de sélection est cependant agnostique au type de projet : les cinq dimensions d'évaluation (programme, développeur, MRV, garanties environnementales et sociales, conformité réglementaire) s'appliquent indépendamment de la technologie. Notre catalogue s'élargira progressivement à d'autres typologies vérifiées (biochar, agroforesterie, autres approches nature-based ou technologiques). Pour un acheteur qui veut démarrer une stratégie BVCM avec un narratif fort, le carbone des sols français est aujourd'hui un excellent point d'entrée.
Pour un budget annuel de 50 000 € à 500 000 €, un mix typique : 70 à 80 % nature-based haute intégrité, 20 à 30 % technologique.
Questions fréquentes
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